Changement climatique : les transporteurs doivent radicalement changer leurs comportements
Bruxelles, le mercredi 24 juin 2026
« Les usagers ne peuvent pas être systématiquement la variable d’ajustement » François Kalfon
71 trains supprimés par la SNCF ce weekend, 100 trains du quotidien supprimés jusque vendredi en Belgique, 10% des trains ne circuleront pas en Ile de France cette semaine… La vague de chaleur actuelle souligne la vulnérabilité de nos systèmes de transport au changement climatique. Mais les retards et suppressions ne sont pas la solution.
Des solutions de court et long terme existent pour diminuer l’impact sur les usagers et éviter la paralysie.
Nos transports sont à bout de souffle et je ne regarderai pas ailleurs
D’ici 2050, nous connaitrons des périodes de fortes chaleurs 20 fois plus longues, des périodes de sécheresse 17 fois plus longues, et 50% d’inondations et d’incendies en plus.
Pour adapter les réseaux européens de transport aux conditions climatiques de 2050, 71 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires, dont 27 milliards pour les seuls chemins de fer.
Mais il serait beaucoup plus couteux de ne pas agir, puisque les aléas climatiques ont causé des pertes de 650 milliards d’euros depuis 1980, dont 56 milliards sur la seule année 2021.
C’est pourquoi le prochain budget pluriannuel de l’Union devra prévoir une ligne budgétaire dédiée à la résilience climatique, en particulier via le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE).
Mieux protéger les usagers et les travailleurs
Les collectivités, l’État et l’Europe doivent agir dès maintenant pour mieux protéger les usagers et les travailleurs, en mobilisant les solutions qui existent déjà :
- Réalisation d’un audit et de stress tests de la résilience climatique des gares et du matériel roulant (climatisation, chauffage),
- Régénération et digitalisation de l’infrastructure,
- Renouvellement du matériel roulant,
- Matériaux plus résilients, peintures plus claires,
- Maintenance prédictive et plus régulière,
- Systèmes de drainage, bassins de rétention d’eau, végétalisation…
Les aléas climatiques pèsent aussi sur les travailleurs du secteur, qui œuvrent à maintenir et restaurer le réseau dans des conditions souvent difficiles. Sans tarder, la question des aléas climatiques devra être pleinement intégrée au dialogue et aux négociations sociales et inscrite dans le code du travail. Sans travailleurs, pas de maintenance et pas résilience.
Enfin, l’Europe doit adopter au plus vite son règlement sur la résilience climatique. Et ce texte devra mettre en place des objectifs ambitieux de digitalisation, accélérer la mobilisation de l’intelligence artificielle et des données spatiales, mais surtout faire de la résilience climatique une condition sine qua non des subventions européennes.
« C’est à la puissance publique d’agir en renforçant la surveillance, la maintenance et en laissant dès maintenant les investissements nécessaires pour rendre nos réseaux de transport plus résilients face au changement climatique. » François Kalfon, député européen
Contact presse : Angèle Courtot, 07 88 34 27 85