Les co-rapporteurs Wölken (ENVI) et Kalfon (TRAN) présentent leur projet de rapport sur la loi européenne relative aux flottes de véhicules d’entreprises.
Tiemo Wölken, co-rapporteur et coordinateur S&D ENVI:
«Grâce à ce règlement, nous pouvons offrir une visibilité aux investissements dans la transition électrique du secteur automobile européen. Les flottes d'entreprises, qui représentent la majorité des immatriculations de véhicules neufs, joueront un rôle clé : ces objectifs soutiendront les investissements déjà engagés par le secteur tout en stimulant la demande future. Parallèlement, elles agiront comme un catalyseur pour développer le marché de l'occasion des véhicules électriques abordables. Nous appelons donc toutes les forces démocratiques à coopérer de manière constructive pour mettre en place cette pièce maîtresse de la transition.»
François Kalfon, co-rapporteur : « Plus de voitures électriques pour les salariés, ça veut dire plus de voitures électriques sur le marché de l’occasion dans 3 ans. C’est la clé pour rendre abordable la voiture électrique pour les classes populaires. C’est pourquoi nous serons vigilants à ce que le texte conserve un niveau d’exigence élevé pour la décarbonation, et trouverons les compromis nécessaires pour concrétiser cette ambition ».
1) L'avenir de la mobilité d'entreprise est électrique
Les véhicules d’entreprises représentent un fort potentiel d’adoption des véhicules électriques par les ménages à revenus moyens et faibles. Il ne peut plus être ignoré par l’UE. Avec 60 % des immatriculations de voitures dans l’UE et un basculement rapide vers le marché de l’occasion, les flottes d’entreprises sont essentielles pour électrifier et faire baisser les prix rapidement.
Avec leur projet de rapport, les deux eurodéputés proposent de renforcer l’ambition du règlement, pour permettre le déploiement rapide de véhicules propres au sein de la flotte d’entreprise.
Le projet vise une part de véhicules zéro et bas carbone de 70 % en 2030 et une part de véhicules électriques de 85 % en 2035 (cet objectif de l’Union est ventilé en objectifs individuels pour les États membres sur la base du PIB).
Par ailleurs, les co-rapporteurs s’engagent pleinement à mobiliser les vélos électriques d’entreprises pour décarboner les flottes. Pour concrétiser ce report modal, les entreprises seront incitées à immatriculer des vélos d’entreprise pour leurs employés et leurs opérations du dernier kilomètre. Les États membres qui mettent effectivement en œuvre des politiques pro-vélo peuvent abaisser leurs objectifs jusqu’à cinq points de pourcentage.
Pour s’assurer que les objectifs européens sont atteints, les corapporteurs proposent de renforcer les plans nationaux de réformes – les États membres devront rendre compte régulièrement des mesures qu’ils prennent et envisagent. La Commission pourra suggérer des améliorations.
2) Nous avons besoin de voitures électriques abordables pour les ménages à faibles revenus et les travailleurs
Le passage des voitures thermiques à l’électrique réduira considérablement le poids des transports dans les dépenses des ménages modestes. Un véhicule électrique c’est moins de dépendance aux prix du carburant et moins de maintenance, ce qui réduit de fait la facture. Mais le coût d'achat initial des véhicules électriques reste un obstacle majeur à une large adoption par les ménages à revenus moyens et faibles.
Les co-rapporteurs demandent aux États membres de concentrer leurs investissements vers le leasing social. Les systèmes nationaux ont fait leur preuve. Ils sont la clé pour l’adoption des véhicules à émissions nulles et faibles par les ménages modestes.
Étant donné qu’environ deux tiers des voitures sont achetées sur le marché de l’occasion, les corapporteurs invitent également les États membres à soutenir l’adoption de véhicules à émission nulle et à faibles émissions sur le marché de la seconde main.
Pour réduire davantage le prix des véhicules électriques, les co-rapporteurs demandent aux constructeurs automobiles de réorienter leur production vers les modèles plus petits et moins chers. Ils seront donc incités à le faire par une extension du « super crédit » aux petites voitures de société. D'ici trois ans, ces petites voitures de société électriques se retrouveront sur le marché de la seconde main à des prix beaucoup plus abordables.
3) Les investissements devraient être réorientés vers l’industrie et l’emploi de l’UE
Les budgets des États membres sont limités, mais l'argent est bien là ! Chaque année, 111 milliards d'euros de subventions sont accordés aux carburants fossiles, doivent être réorientés vers l'électrification, la réduction de nos dépendances aux fossiles et des prix. Il y a urgence, et donc les rapporteurs : :
- Soutiennent la fin des subventions au thermique en 2028.
- Appellent à flécher l’argent publique exclusivement vers l’électrique à partir de 2032.
- Orientent l’argent public vers des emplois et des industries sur le sol européen
Les co-rapporteurs soutiennent fermement l’exigence selon laquelle les nouveaux véhicules d’entreprise doivent être «Made in EU» pour être éligibles à tout soutien financier des États membres. Ce n’est pas un vain message politique, cette mesure sera essentielle pour préserver et créer des emplois industriels attractifs en Europe, pour soutenir les activités et la souveraineté industrielle de l’Union.
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