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En Europe, la Commission et la droite déclarent la guerre aux forêts

Par un courrier adressé au président de la commission de l’Environnement, la Commission européenne a annoncé hier matin sa volonté de repousser d’une année supplémentaire le règlement contre la déforestation importée. La commissaire européenne à l’environnement a argué, sans rire, de l’incapacité du système informatique à permettre l’application de la loi - déjà repoussée l’an dernier à la même époque, devons-nous le rappeler. L’incompétence n’empêche cependant pas tout à fait la malveillance.

Le même jour, la droite et l’extrême droite ont joint leurs voix, dans les commissions de l’Agriculture et de l’Environnement, pour rejeter le rapport de mon collègue Éric Sargiacomo sur le règlement visant à améliorer les données sur les forêts de l'UE.

Cela n’aurait pu être qu’une coïncidence si hier encore - quelle journée ! - la Commission européenne n’avait pas signé l'accord de partenariat économique global (CEPA) entre l'Union européenne et l'Indonésie, le premier producteur mondial d’huile de palme (56 % de la production). Alors que l’an dernier, l’Indonésie a perdu 261 575 hectares de forêts, le règlement contre la déforestation aurait couvert ses principales denrées agricoles : huile de palme, café, caoutchouc et cacao.

Pour rappel, au début du mois, l’accord commercial UE-Mercosur était signé avec le Brésil, autre farouche opposant au règlement déforestation.

Toutefois, l’éléphant dans la pièce, comme toujours, reste la pression mise par les Etats-Unis sur l’Europe pour écarter ce règlement. Bien que l’accord - déjà humiliant - signé cet été n’en fasse pas explicitement mention, la Commission européenne se soumet, une fois de plus, au diktat de Washington en repoussant l’application du règlement contre la déforestation.

Le report décidé l’an dernier a coûté à la planète 23 millions d'arbres. Des entreprises comme Michelin ont consenti depuis plusieurs années des investissements massifs pour se conformer à la législation (en l’occurrence à hauteur de plus de 100 millions d’euros).

Ceux qui prétendent défendre la compétitivité européenne par les reculs environnementaux la desservent par des changements de direction intempestifs. Suivre la direction fixée par le Pacte vert européen et l’accompagner garantira à l’industrie européenne la visibilité et la stabilité qu’elle requière, tout en préservant notre planète pour les générations futures.

Au sein de la Commission du Marché intérieur, compétente sur le règlement « déforestation », je mènerai bien entendu le combat aux côtés de mes collègues socialistes pour maintenir le calendrier et les ambitions du règlement contre la déforestation importée.

 

François Kalfon

Député européen S&D

Membre des Commissions des Transports et du Marché intérieur


Contact Presse


Anaëlle Chocteau

+33 6 68 68 99 72

anaelle.chocteau@europarl.europa.eu


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