Hier, la fusée Ariane 6 a décollé avec succès depuis Kourou pour le deuxième lancement de son histoire. Il avait pour objectif de mettre en orbite le satellite français militaire de reconnaissance CSO-3, complétant le programme Musis.
Ce premier vol commercial d'Ariane 6 démontre la capacité de l’Europe à assurer son accès autonome à l'espace, mis à mal par la fin de l’usage des lanceurs russes Soyouz depuis 2022, employés pour CSO-1 et CSO-2.
Un pas vers la souveraineté spatiale européenne et la crédibilité d’Ariane 6 face à SpaceX et au manque de « patriotisme européen » de certains de nos voisins, qui se mettent dans la main des américains dans le contexte que nous connaissons.
Le satellite CSO-3 complète le système de surveillance du Ministère des Armées français, offrant des capacités accrues en matière de sécurité, mais aussi de reconnaissance des risques climatiques.
Ce succès spatial européen est intervenu – ça ne s’invente pas – le jour-même où l’Europe actait le chantier de l’Union de la défense. Ne doutons pas que dans les 800 milliards d’euros débloqués, nous en consacrerons une partie significative au programme spatial commun, notamment ses applicatifs militaires.
En effet, la « guerre des étoiles » a déjà débuté.
Face à Starlink, qui possède 70 % des satellites en orbite, l’Europe doit assurer la réussite du projet de constellation Galileo, et assurer son indépendance en écartant les matériels qui portent un risque explicite de pillage des données récoltées.
L'Italie de Giorgia Meloni, après avoir cédé un temps aux sirènes d'Elon Musk, semble se détourner de Starlink au profif d'Eutelsat, un concurrent franco-européen tout aussi compétitif.
Ce dernier pourrait se substituer au déploiement de Starlink pour assurer la défense de l'Ukraine. Le ministre polonais des Affaires étrangères polonais l'a suggéré, s'attirant la foudre et la vulgarité du protégé de Trump.
La nervosité du milliardaire doit nous enthousiasmer : chaque pas vers une souveraineté de l'Europe est une défaite infligée à ceux qui prétendent, à l'Est comme à l'Ouest, lui dicter sa conduite.
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